Zoos et parcs animaliers
Jurassic Park IV. Rinca. Indonésie
3.9/5
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Si le début de ce carnet de voyage semble conter un calvaire, poussez-en la lecture jusqu’au bout. La vérité et l’illumination sont, pour ce couple de français (pas trop baroudeurs quand même), ainsi que pour le lecteur, au bout du voyage.
Les Pieds Nickelés au pays des varans ?
Les dragons de Komodo ! les derniers varans de la planète ! Le seul animal préhistorique encore vivant ! Pour notre 3e voyage en Indonésie nous avions décidé d'aller à Komodo pour y rencontrer ces dragons. Comme pour les précédents voyages, nous avions fait appel à une agence de voyages de Djakarta pour organiser le séjour.
Arrivés à Denpasar, nous partons aussitôt pour Lombok où nous y séjournons une semaine. Nous alternons ensuite, visites et farniente sur les superbes plages de l’île et sur celles des "Gili", minuscules confettis cerclés d’eau turquoise où voitures et motos ne circulent pas. Aux Gili, le temps s'écoule au rythme des chars à bœufs.
En route pour Komodo
Nous partons enfin pour l'est de l'île pour arriver à un petit port. Notre véhicule est chargé, mais non amarré, sur un vieux ferry rouillé. Commence alors une traversée un peu chaotique. Nous sommes les seuls étrangers à bord, encadrés par notre chauffeur et le guide qui ne nous lâche pas d’une semelle, prétextant un danger potentiel lié à la présence d'une femme blanche -et en pantalon- à bord.
Nous débarquons à Alas où un autre chauffeur et un autre guide nous prennent en charge pour la traversée l'île de Sumbawa.
Après avoir embarqué dans le coffre des "cousins du chauffeur", nous prenons l'unique route qui serpente à travers Sumbawa.
Arrêt pour la nuit à Sumbawa Besar dans un hôtel fait de bungalows rudimentaires mais confortables.
Le lendemain matin, nous partons très tôt pour Bima : un autre monde ! Une bourgade grouillante d'une foule bigarrée avec un marché surpeuplé, mais riches de fruits, de légumes et de senteurs inconnues.
Petit incident à Bima : alors que nous nous promenons et que nous regardons se dérouler une fête, je suis agressé par un vieil homme en blanc qui, au nom d' « allah est grand » m'assène un coup violent sur l'épaule. Tout le monde se précipite, en traitant ce vieil homme de fou et se confondant en excuses pour ce geste.
Nous avons une chambre dans le meilleur hôtel de Bima : des draps sales et humides, un néon blafard, des murs suintant de moisissures, quelques cafards se promenant sur un sol collant.
Après une nuit blanche, nous nous levons à l'aube et nous partons pour Sape Harbour. Dans le coffre du 4/4, un petit homme souriant se cherche une place parmi un monceau de victuailles et deux poulets vivants : « c'est le cuisinier de votre bateau » nous dit M. udin, notre guide,
Au bout de 40 Km d'une route défoncée, nous arrivons sur un quai désert où nous attend notre bateau, ou plutôt notre rafiot ; Une sorte d’objet flottant reconverti pour les excursions. On devine à peine son ancienne couleur blanche sous les excrétions de rouille.
La traversée héroïque
Le capitaine sort directement d'une bande dessinée de Corto Maltese, moustache épaisse et regard de glace.
Je ne veux pas prendre ce bateau, ils vont nous assassiner ! jamais on ne reviendra, je suis sûr qu'il n'y a même pas de gilets de sauvetage, je veux faire demi-tour, on ne part pas !
Au bout d'interminables palabres, nous finissons par nous mettre en confiance et par nous convaincre de partir. Quel équipage ! 2 touristes morts de trouille et 8 marins à leur service.
Embarquement donc, et café…dans une chope de 25cl.
Doucement, le moteur se met en route en crachotant et hoquetant d'un bruit rauque et irrégulier qui ébranle toute la coque.
Nous sortons de la baie et naviguons enfin sur l'Océan Indien qui nous accueille d’une forte houle.
Nous descendons dans la cabine pour se chercher un abri. Il y 8 couchettes pour nous deux. Nous les essayons toutes afin d’en trouver une un peu moins humide, à un emplacement où la houle, le clapot et le tangage peuvent se faire un peu oublier. Peine perdue : nous devons sortir toutes les cinq minutes pour vomir ce qui nous tiens encore à l’estomac tenaillé par le roulis et l'angoisse !
M. Udin notre guide vient nous voir pour annoncer que nous ferons route sur l'île de Rinca plutôt que sur l'île de Komodo, car une mission scientifique est sur Komodo et d’ailleurs : il y a davantage de dragons à Rinca et moins de touristes…
À ce moment nous nous disons que nous sommes victimes d'un coup monté terrible, d'un traquenard sordide. Notre entourage ou l’agence ne sont pas au courant de cette destination ! Et un petit coup de vomi supplémentaire au dessus du bastingage, ce qui me permet de constater au passage que le premier barreau a été remplacé par un cordage.
Les Dragons de Rinca
Au bout d'un certain temps, peut-être 6h ou 8 heures, difficile de savoir, nous arrivons au mouillage dans une baie magnifique. Une barque venue nous chercher, nous dépose sur un ponton gardé par un varan à la bouche ensanglantée.
Notre guide avance devant nous « armé » d'un grand bâton pour chasser la bête qui à notre grande surprise se déplace très vite. Il nous met en garde : nous sommes en face d'animaux dangereux dont la morsure est mortelle car leur salive contient des millions de bactéries pathogènes. Nous nous mettons alors à évaluer mentalement la distance avec l’hôpital le plus proche.
Nous arrivons au poste, rassurant, des Rangers. On nous inscrit sur les registres pour 15 dollars par personne. Un guide local, qui séjourne ici pour une période de trois mois, nous amène visiter cette île sauvage où les dragons en pleine liberté, se prélassent au soleil comme de gros lézards. Des buffles paissent aussi tranquillement, en attendant d'être dévorés par les varans. Une nature paisible loin de celle de "Jurassic Park", une île hors du temps.
Après 2 heures de promenade au cœur de Rinca, accompagnés de ce guide connaissant tout sur les varans et leurs mœurs, nous retournons au bateau. Le cuisinier nous a préparé le dîner, le plus succulent, le plus merveilleux que nous avons fait depuis notre arrivée en Indonésie.
La nuit qui tombe et cette lune qui éclaire la baie d'une lueur opalescente et tremblante apaise cette crainte et cette angoisse qui nous avait accompagnés depuis le début du périple.
Même les blattes qui courent sur nos couvertures n'arrivent pas à briser la magie du moment que nous vivons !
Le soleil se lève et le petit-déjeuné sent les crêpes au miel et le café fort que notre cuisinier a préparé. Même le capitaine, derrière sa vitre fendue, a esquissé un sourire, abandonnant sa mine patibulaire.
Nous retournons à terre pour une nouvelle visite. Celle-ci est plus légère et décontractée.
Déjeuner sur le bateau d’un riz au curry avec un poulet probablement tué pendant notre absence et nous partons pour Flores.
En route nous arrêtons à l'île "Ganli" pour faire un peu de plongée.
Encore un paradis : des poissons comme nulle part ailleurs, des couleurs irréelles et surtout ce corail, mauve comme un champ de lavande provençal ondulant sous le mistral.
Cette baignade restera, elle aussi, inoubliable.
Epilogue
Nous arrivons à Labuan Bajo à Florès et poursuivons pour Maumère, enrichis des souvenirs inoubliables et des émotions contrastées de ce qui fut l'un de nos plus beaux voyages. Un peu vexés aussi de nos craintes injustifiées, de na pas avoir compris tout de suite, combien les gens qui nous accompagnaient, étaient extraordinairement accueillants et chaleureux.
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